Lima, concentré d’histoire et de culture péruvienne

On m’avait prévenue : on ne tombe pas amoureux de Lima au premier regard. Oh comme c’est vrai ! A première vue c’est immense, poussiéreux, chaotique, gris, très pollué et un peu craignos (OK je suis arrivée à presque minuit mais quand même). Il faut un peu de temps, des bonnes chaussures et une carte pour commencer à l’apprécier. Alors je vous propose un petit tour de géo et d’histoire pour mieux comprendre (Nb j’ai pas l’ambition de remplacer la page Wikipedia, n’hésitez pas à vous y référer pour en savoir plus).

Un peu de géo

Lima c’est la ville la plus étendue au monde sur un désert avant le Caire. Un désert de dunes de sable et de roche, qui coince la ville entre l’océan Pacifique et la Cordillère des Andes. Cette dernière, dont les sommets atteignent plus de 6000m, fait barrière et retient l’humidité de l’océan au dessus de la ville – d’où un brouillard gris permanent, un taux d’humidité à transformer ma crinière de lion en caniche, et des températures douces même l’hiver. Lima, comme une grande partie du Pérou, est construite sur la « ceinture de feu du Pacifique », une zone sysmique très active qui a déjà fait des tonnes de ravages : en 1746, un séisme fit presque 20.000 morts et seules 25 maisons restèrent debout (c’ était plus petit hein à l’époque bien sûr).

Un peu d’histoire

La ville à été fondée le 18 janvier 1535 par le très célèbre conquistador espagnol Francisco Pizarro, qui la nomme Ciudad de los Reyes, parce qu’il en profite pour raser le centre du pouvoir local et construire une Plaza de Armas et une église dessus (le même schéma est appliqué dans toutes les villes prises aux Incas) . C’est la ville la plus importante et la plus riche des territoires sous domination espagnole pendant la Conquista, et c’est la ville choisie par José de San Martin pour déclarer l’indépendance du Pérou vis à vis de l’Espagne en 1821.

Aujourd’hui la ville est divisée en quartiers dont les 3 plus intéressants pour moi sont le Centre Historique, Miraflores et Barranco.

El Centro

C’est la zone historiquement la plus intéressante (hors ruines où je ne suis pas allée) mais vraiment pas la plus sûre… Aussi vaut-il mieux s’y rendre en début de journée.

La Plaza de Armas ou Plaza Mayor, est encadrée par le Palacio Arzobispal (où reside toujours l’archevêque de Lima) , la Cathédrale (dont la premiere pierre à été posée par Pizarro en personne et où se trouve son tombeau), le Palacio de Gobierno (siège du gouvernement, pour les non hispanophones du tout). Autour, d’autres rues et des places, pour la plupart classées au patrimoine mondial de l’unesco.

La cathédrale et à gauche le Palacio Arzobispal

Détails du Palacio Arzobispal

Le Palacio de gobierno

Le reste de la place. Pour le bâtiment jaune si ça vous intéresse vraiment cherchez sur Google, je ne me souviens plus.

Pres de la Plaza de Armas, j’ai eu un gros coup de cœur pour le magnifique Monasterio de San Francisco, dont les catacombes valent bien celles de Paris ! 70.000 sépultures résident sous le couvent, dont les os ont été classés par type par les franciscains pour gagner de la place. La bibliothèque, magnifique, contient des ouvrage antérieurs à la conquête espagnole.

La photo de la bibliothèque vient des internets, il n’y avait pas le droit de prendre de photo.

En revanche la Plaza San Martín, dédiée au libérateur du Pérou José San Martín, n’a que peu d’intérêt. Peut être parce qu’elle ne date que du XXeme siècle ? Peut être parce que le coin est craignos ? On y accede par la rue piétonne animée Jiron de la Unión.

Au passage on croise en revanche la superbe Basílica de Nuestra Señora de la Merced, finalisée en 1765 dans un style barrique unique : churrigueresque (du nom de l’architecte espagnol à la base du style, José Benito de Churriguera.

Et au hasard dans le centre on tombe sur d’autres constructions improbables. Les styles coloniaux, rococo, baroque, néo classiques et WTF se mélangent dans toutes les rues.

Miraflores, face à la mer

Depuis le centre on continue vers le sud vers le Parque Central et Parque Kennedy (en taxi ou en Metropolitano, le bus express bondé comme la ligne 13 le lundi 7h50 à St Lazare). Le parc est mignon, agrémenté d’une jolie église et… De chats. Partout. Que les gens caressent 😣

De là, on rejoind rapidement le Pacifique via des parcs et une promenade sur le haut de la falaise.

Parque del Faro

Parque del Amor, inspiré du Parc Güell de Barcelone.

Vue sur le front de mer de Miraflores, qui se trouve en fait en haut d’une falaise.

Le bord de mer, le vrai, avec la plage et les surfers est quasi inaccesible : une fois qu’on a descendu des escaliers il faut encore traverser la 6 voies qu’on aperçoit en bas… La vue sur le coucher est en particulier sublime depuis le centre commercial (très beau) Larco mar.

Et côté histoire et art ?

Le musée national d’archéologie, anthropologie et histoire du Pérou

Le musée retrace l’histoire du Pérou (bien vu pour le nom) et met particulièrement l’accent sur le civilisation pré-incas. En arrivant en Amérique du Sud en 1535, Pizarro tombe sur l’Empire Inca, en pleine guerre interne de succession, mais qui a etabli depuis plus d’un siècle le plus grand Empire d’Amérique (Pérou, Équateur, Colombie, nord du chili…). Il imagine donc que c’est la seule culture de ces sauvages, alors qu’en réalité ils sont les héritiers de cultures régionales datant d’au moins 15.000 ans avant jc. Voilà quelques images du musée et de ce qu’il contient qui m’a interpellé.

Il y a des reproductions de tombes de différentes civilisations pré incas. Quasiment toutes momifiaient leurs morts et les plaçaient dans d’épaisses couches de manteau, en position fœtale, parce que la mort n’est que le début d’une nouvelle vie.

De loin la partie la plus intéressante : celle sur les trépanations et les déformations crâniennes. Il y a des tonnes de crânes qui portent des traces de trépan action « cicatrisées », ce qui montre que les individus ont survécu ou même guéri. La trepanation était recurrente dans toutes les civilisations pré incas à la fois pour des raisons médicales et rituelles / spirituelles. La déformation des crânes est elle une marque de statut social : dès leur naissance on place aux bébés des coussinets et des cordes pour sculpter le crâne, jusqu’à ce que leur crâne soit bien formé vers 5 ou 6 ans.

El museo Larco

S’il ne fallait en garder qu’un ça serait celui-ci (malgré les déformations crâniennes formidables ci dessus). Déjà parce qu’il se trouve dans l’ancienne maison d’un vice-roi magnifique, avec un patio et un restaurant très bon. Son fondateur, Rafael Larco Hoyle est un collectionneur et archéologue péruvien qui a rassemble plus de 50.000 vases et objets en céramique. Il y en a tellement que le musée donne accès à ses réserves !

Rien que pour ce très beau jardin et café ça vaut le détour.

Les incas en particulier étaient super fans d’or. Ils s’en mettaient partout : boucles d’oreilles, couronnes, et demi lune de narine… Également en masques funéraires.

Les quipus sont extraordinaire. Ces colliers sont en fait des archives et registres de comptabilité. Chaque noeud, en fonction de son placement et de sa taille, représente une quelque-chose de bien spécial : Michel qui a deux moutons, Léon qui a échange 18 poulets contre 2 vaches,… Tout y est.

Les fameuses réserves. Ça serait chouette d’avoir pareil au Louvre non ? Je suis surtout inquiète pour la femme de Monsieur Larco. J’espère que sa passion c’était un truc qui prend moins de place genre les sudokus.

Museo de Arte (Mali)

Énorme coup de cœur pour ce musée très complet et très beau, au milieu d’un joli parc. S’il n’en avait qu’un à faire ça serait celui (oui j’ai déjà dit ça pour celui d’avant mais j’ai menti, je savais plus j’ai paniqué vous mettez trop la pression à vouloir savoir lequel est le meilleur de tous les musées).

Bon au bout du troisième j’avoue que je suis passée rapidement sur les céramiques pré conquista.. Mais quelques favoris quand même, parmi les nombreux bols, vases, carafes, tissus, bijours etc que contient le musée.

Mais surtout il contient des grandes galeries de peintures de la période de l’empire espagnol, très religieuse mais dans un style très différent de celles de la même époque en Europe. Qui a déjà vu par exemple la représentation de la sainte trinité en homme à trois têtes ? Hein qui ?

Enfin le musée expose aussi des artistes contemporains avec un regard neuf sur la conquista, la descendance inca et le renforcement de l’identité nationale. Et aussi y’a des sièges marrants qui tournent.

Enfin l’idéal pour découvrir la ville c’est vraiment des très bonnes chaussures et l’envie de flâner un peu au hasard pour tomber sur des choses belles ou marrantes (article à venir sur ma chasse du street art à Barranco et mes trouvailles culinaires).


Si vous êtes arrivées jusque là commentez eternallife pour avoir la vie éternelle.


3 réflexions sur “Lima, concentré d’histoire et de culture péruvienne

  1. Cet article est mon guide pour mon futur voyage a Lima!!! En 6 ans au Chili, pas encore eu l’occasion d’y aller, c’est fou quand même. J’aime bien les comparaisons avec Paris (les catacombes, la ligne 13…) Ce sont des références que je n’ai plus!

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